L'autre jour Walid a failli pleurer après avoir vu une vidéo d'un mec sans bras faire du skate. Mais si cette émotion, aussi sincère soit-elle, était l’héritière des freak shows ? Et que derrière l’admiration se cachait un mécanisme qui transforme les handis en objets de motivation ? Plongez dans l’envers de ce qui s'appelle "l'inspiration porn".
Cette semaine, Walid me demande si les exosquelettes c’est le futur du handicap. On va parler progrès, fauteuils, soldats-robots et promesses brillantes. Mais si l’innovation servait parfois d’autres logiques que celle de notre autonomie ? Plongée dans les mirages du techno-solutionnisme.
« J'ai un doute… y avait une rampe, non ? Il faut peut-être passer par le local poubelle, mais je crois que c’est accessible ! Au pire, je te porterai !" Voilà. Walid venait de me tendre, sans le savoir, le bâton. Celui qui allait lui faire découvrir la topographie du privilège.
- Comment tu préfères qu’on t’appelle ? Avec ton fauteuil, je veux dire. C’est Walid qui m’a posé cette question. Elle m’a fait sourire… puis réfléchir. Parce qu’en fait, elle dit tout. Alors j’ai répondu, longuement. Voici ce que je lui ai raconté, et que j’aimerais vous raconter aussi.